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Rythmes scolaires : remettre à l’heure quelques pendules

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La question des rythmes scolaires agite le monde éducatif et provoque des inquiétudes chez les élus locaux. On trouve facilement de bonnes raisons pour ne pas faire : c’est trop compliqué, ça va coûter cher, il n’y a pas eu assez de concertation, ou encore, c’est pas par là qu’il fallait commencer. Et beaucoup oublient l’énorme chantier de la refondation de l’Ecole.

Voir en ligne : Un blog de prof sur les ryhtmes scolaires

2008, Darcos supprime une demi-journée de classe

Lorsqu’en 2008 le ministre de Sarkozy, Xavier Darcos,a décidé de supprimer la matinée du samedi et de concentrer l’enseignement du primaire sur 4 jours, la plupart des acteurs de l’éducation ont protesté contre cette mesure si manifestement contraire aux intérêts des enfants. Mais c’était pour le gouvernement d’alors un moyen parmi d’autres de réduire le nombre de fonctionnaires : il prévoyait la suppression de 14 000 postes à la rentrée 2012. Heureusement, conformément à ses promesses, le président Hollande a voulu renverser la tendance, et on en voit les effets à Questembert, puisque l’école maternelle récupère un demi-poste sabré il y a deux ans.

L’Ecole de la République au cœur des priorités

Après de si longues années d’acharnement de la droite à démanteler le système éducatif français, l’école de la République est de nouveau au cœur des priorités de l’action gouvernementale. C’est un effort sans précédent depuis plus de 20 ans pour l’Education nationale qui est aujourd’hui engagé. Les 60000 recrutements prévus d’ici 2017 mettent ainsi fin à la saignée qu’ont subie les effectifs pendant 5 ans ; la priorité sera donnée à la maternelle et au primaire car c’est dès le plus jeune âge que se creusent les inégalités ; la formation initiale et continue des enseignants est enfin rétablie après avoir été supprimée ; le système d’orientation est revalorisé après avoir été démantelé ; le passage à l’école du numérique permettra de rattraper le retard pris par la France en la matière.

Assumer ses engagements

J’ai reçu un courrier d’un enseignant qui réside à Questembert et qui me reproche d’avoir annoncé ma position sur la demi-journée supplémentaire avant toute concertation. Ce courrier m’a étonné : il faudrait donc que j’organise une concertation pour savoir ce que je pense ! Sur ce point, comme sur beaucoup d’autres, j’ai une opinion ferme qui ne devrait pas surprendre : militant socialiste de longue date, j’ai milité pour l’élection de François Hollande qui a pris l’engagement -parmi d’autres – de refonder l’école. Le président a immédiatement pris des décisions qui vont dans le sens annoncé : création de postes, rétablissement de la formation des maîtres, etc. Le retour à la semaine sur 5 jours en est un autre exemple. La mise en place de cette décision n’est pas forcément très simple, et c’est sur ce point qu’il faut organiser la concertation.

Les impatiences et les faux semblants

Il est certain que cela va entraîner des dépenses nouvelles pour les communes qui devront prendre leur part dans les activités périscolaires. Le gouvernement a d’ailleurs prévu un appui pour celles qui lanceront l’expérimentation dès la rentrée 2013. Pour Questembert, la dotation sera de 90 Euros par enfant. On peut comprendre les hésitations des communes qui n’ont jusqu’ici rien fait dans le domaine du périscolaire ou qui n’auront accès qu’à la dotation non majorée de 50 €. Mais le refus de s’engager dans la réforme s’appuie parfois sur de bien mauvaises raisons. Ne soyons pas surpris d’entendre Mme Kosciusko-Morizet expliquer qu’il faudrait commencer par réduire les grandes vacances. Bonne idée, bien facile à défendre quand on sait qu’on n’aura pas à la mettre en œuvre. Ne soyons pas surpris de retrouver le même argument à l’extrême gauche : du côté du NPA non plus, la promesse ne coûte pas bien cher.

Pour d’autres, il aurait fallu s’intéresser en même temps – ou plutôt avant – à la révision des programmes, à l’école maternelle, aux RASED, à la direction d’école. Tous sujets extrêmement importants, mais ne faut-il pas commencer par un bout ? Quelqu’un peut-il croire qu’il est possible de tout faire en même temps. Je comprends les frustrations et les impatiences et je sais bien aussi que l’école primaire a un taux d’encadrement trop faible et que les rémunérations des maîtres sont parmi les plus faibles d’Europe.

La fable du colibri

A tous ceux qui s’impatientent, qui trouvent trop lente la refondation promise de l’école, j’ai envie de citer la fable du colibri, très tendance ces temps-ci. Devant l’incendie de la forêt, alors que tous les animaux fuient, le colibri apporte sa becquée d’eau d’eau pour éteindre les flammes. A ceux qui lui disent que son geste est inutile, il réplique : « sans doute, mais j’ai fait ma part. » Comme je suis plus techno, je préfère citer la phrase de Kennedy dans son discours inaugural :  « Nous ne pourrons pas tout faire dans les cent premiers jours. Ni dans les mille premiers jours, ni pendant toute la durée de notre mandat, ni même pendant toute notre vie sur cette planète. Mais commençons. »

All this will not be finished in the first 100 days . Nor will it be finished in the first 1,000 days, nor in the life of this Administration, nor even perhaps in our lifetime on this planet. But let us begin. A voir ici

Publié le samedi 23 février 2013, par Paul Paboeuf.

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