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Questembert en fêtes ?

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La première Gallèse-Breizh n’a pas « trouvé son public » selon Ouest-France, « il manquait le soleil » dit le Télégramme qui pourtant a vu un public nombreux et un succès de cette manifestation. Et, paraît-il, les commerçants n’ont pas joué le jeu ! En résumé, un bilan médiocre pour ce qui devait être la brillante première. Il ne faut pas s’en réjouir : même un opposant résolu ne peut pas se féliciter d’un échec qui affecte l’image de notre ville. On peut cependant tenter de comprendre les raisons du fiasco.

Une fête bretonne ? Encore une

Il fallait effacer des mémoires les Festives Halles qui étaient bien installées dans le calendrier festif et culturel. Après d’intenses sessions de brainstorming, le comité des fêtes, nouvellement créé, a proposé deux idées extraordinaires : une fête de la tomate (eh oui !) et une énième fête bretonne...

Car vous constaterez aisément que des fêtes bretonnes, il y en a à foison, (voir la carte sur le site goueliou-breizh) et certaines ont acquis une belle renommée : il sera bien difficile de rivaliser avec les fêtes d’Arvor de Vannes ou, tout près de chez nous, avec la noce bretonne de Noyal-Muzillac qui, cette année, aura lieu le 6 août et qui réunira cinq ou six cents personnes pour le repas de noces.

D’ailleurs, il est intéressant de comparer le programme annoncé pour Noyal-Muzillac et celui de la Gallèse-Breizh. Où est l’avantage ? L’intention de faire vivre notre double culture bretonne ET gallèse ? Quelle en est la réalité aujourd’hui ? Combien connaissez-vous de personnes qui parlent le breton ou le gallo ? En dehors de ceux qui vous disent « kenavo » ou « en vous reveyant ». Par charité, ne relevons pas les prononciations entendues samedi matin pour le nom de notre ville en breton et en gallo !

Les repas sont un élément fort de nos fêtes locales : tel comité de chapelle se flatte d’avoir servi près de mille repas, ailleurs, le succès se mesure en mètres de boudin. Et le menu est souvent lié aux traditions locales : la fricassée bien sûr, ou la « soupe de noces », ou encore, plus modestement, la tranche de lard avec les pommes de terre en « robe des champs ». A vouloir se référer à l’identité culinaire de notre terroir, il aurait fallu aller dans cette direction plutôt que de proposer un produit traiteur classique (dont personne ne conteste la qualité !). Quant au repas « galette-saucisse », qu’avait-il pour attirer les visiteurs ?

Le repli identitaire ou l’ouverture ?

Si le choix d’une autre fête bretonne est affligeant de banalité, les motivations exprimées dans la communication officielle sont discutables. Qui peut vouloir retrouver des racines quand une bonne partie des nouveaux habitants de Questembert n’ont aucune attache avec ce territoire, ou même avec la Bretagne ? Une étude statistique approfondie conduite par les étudiants de l’IUT de Vannes avait montré dès 2005 que près de la moitié des habitants de Questembert n’y résidaient pas 15 ans auparavant. Et de toute évidence, la situation a évolué dans le même sens. Au point qu’on peut se demander ce que signifie cette revendication identitaire.

Il s’agirait de donner à notre territoire l’identité – touristique ? - qui lui fait défaut selon le diagnostic préalable au PLUi. La tâche serait immense, inaccessible avec comme seule base les infimes reliques bretonnes et gallèses. Mais, selon les mots de l’adjoint à la culture, il faudrait résister « à la mondialisation » en s’appuyant sur notre culture bien de chez nous, qui serait permanente, immobile, face à un monde changeant.

Un repli sur soi réduit au périmètre communal, alors que notre communauté de communes est un bon exemple de territoire à la fois de limite et de contact : Berric, La Vraie-Croix, Lauzach sont nettement dans la partie bretonne du Vannetais, tandis que les communes du « pé how » (du « pays haut ? ») sont nettement gallèses. Il y avait là une occasion de contribuer vraiment à la construction de cette « identité territoriale » qu’on prétend revendiquer.

Des fêtes, toujours des fêtes ?

Enfin, le projet municipal semble désormais se réduire à la fabrication d’événements, de « fêtes », quand bien même on affuble ces manifestations du nom de « biennale » ou de « festivals » ! Tout le monde peut aimer faire la fête, danser la danse des canards, faire tourner les serviettes, ou participer au concours de la plus grosse citrouille, de la plus belle tomate. Mais n’est-ce pas une ambition bien courte pour notre petite ville ?

Publié le mardi 1er août 2017, par Paul Paboeuf.

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