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L’opportunisme : ambition dévorante ou capacité à saisir les occasions favorables ?

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La préparation des élections régionales a donné un coup de projecteurs sur un comportement souvent décrié dans le personnel politique : l’opportunisme. On retourne sa veste, on s’accommode bien vite des idées qu’on a longtemps rejetées, on adopte sans vergogne des points de vue qu’on a combattus... pourvu que cela donne accès à des positions favorables.

La girouette et le vent

Bon spécialiste du sujet et pratiquant assidu de l’opportunisme, Edgar Faure avait eu cette formule : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. » Et pourtant, ceux qui ont observé sa longue carrière politique lui reconnaissent un sens élevé du bien public et une grande capacité à passer les compromis nécessaires pour avancer vers la résolution des problèmes complexes.

En somme, l’opportunisme ne mériterait pas l’opprobre : il est la marque des stratèges ou des tacticiens qui savent observer le contexte, les contraintes, les rapports de force, pour saisir l’occasion qui permettra le succès de leur projet.

La lutte des places, la course aux honneurs

Nous avons tous, pourtant, des exemples de ceux pour qui la seule ambition est d’en être. Je me rappelle, par exemple, celui qui avait refusé de rejoindre notre groupe en 1995 en disant sans hésitation : « Je veux être de l’équipe gagnante ! » Dommage pour lui, il n’avait pas fait le bon choix. Ou, un peu plus loin dans le passé, celui qui avait proposé de prendre la tête de notre liste après avoir fait la même proposition à une autre équipe ! Il fallait, pour compléter sa biographie, accéder au moins au poste de maire et plus si possible.

Et puis il y a ceux qui sentent le vent tourner et qui font des offres de services, ceux qui, déçus de ne pas été traités à la hauteur de ce qu’ils croient mériter, se rallient au camp adverse... Ceux-là, la presse les appelle des « prises de guerre, » drôle d’expression pour parler d’une ambition démocratique.

Rassembler une équipe pour conduire un projet

Pour qui a la volonté et l’envie de travailler concrètement à l’avenir de sa commune, de sa région, de son pays, et pas simplement d’être le prophète d’un avenir aussi radieux qu’inaccessible, il est nécessaire de rassembler autour de soi celles et ceux qui seront à même de contribuer efficacement à ce projet, c’est-à-dire qu’en premier lieu, il faut s’affranchir du corset des préférences partisanes, sans pour autant se renier, ni masquer ses convictions. Cela donne des échanges qui ressemblent à ceci : « Vous savez ce que je suis, quelles sont mes positions, je ne vous demande pas de prendre la carte du parti, je vous demande si vous acceptez de porter avec moi un projet pour le bien-être de nos concitoyens et le développement de notre territoire. »

Alors bien sûr, chacun fait des compromis, que les belles âmes ou les purs et durs de l’idéologie nommeront compromissions, ou pire encore, trahisons. Mais, c’est bien connu, les belles âmes n’ont jamais les mains sales, car elle n’ont pas de mains. Et les prophètes de la pensée incandescente se tiennent en retrait de l’action, spectateurs d’un monde qui change malgré eux, sans eux... et, souvent contre les intérêts de ceux qu’ils croient défendre.

La modestie d’être utile

Eh oui, nous connaissons tous de ces arrivistes, sans aucune autre conviction que leur propre ambition, prêts à toutes les bassesses pour atteindre le pouvoir. Selon l’humeur du temps, ils pourront dire tout et son contraire, pleins de mépris pour les électeurs qu’ils flattent de promesses démagogiques. D’autres, sûrs de posséder la Vérité, manifesteront à leur façon leur mépris des gens ordinaires qui, à leurs yeux, sont incapables de comprendre au fond les enjeux de notre siècle.

Et enfin, il y a ceux qui, avec l’honnêteté des hommes et des femmes de bonne foi, ne cherchent pas à briller pour eux-mêmes, qui ne prétendent avoir la réponse à tous les problèmes, mais qui ambitionnent le pouvoir pour l’exercer avec la modestie d’être utiles au bien commun.

Publié le samedi 28 novembre 2015, par Paul Paboeuf.

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